Tilly Metz avant le discours sur l’état de l’Union : « Nous avons besoin d’un changement de cap »


Demain, mercredi 16 septembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prononcera au Parlement européen à Strasbourg son discours annuel sur l’état de l’Union. Pour l’eurodéputée Tilly Metz, ce discours intervient à un moment décisif : la crise climatique s’aggrave, tandis que l’Union européenne risque dans le même temps de revenir sur ses normes environnementales et sociales et de poursuivre son déplacement vers la droite. Mme Metz appelle donc à un changement de cap clair et à une majorité pro-européenne forte au Parlement européen. Elle commente :

« Je voudrais entendre deux engagements clairs de la part d’Ursula von der Leyen : que l’Europe accélère son action en matière de climat et d’environnement, au lieu de l’affaiblir, et qu’elle défende une majorité pro-européenne et démocratique au Parlement européen, sans dépendre de l’extrême droite. La crise climatique n’est plus un avertissement, elle fait désormais partie de notre réalité quotidienne. Les incendies de forêt, les vagues de chaleur, les pertes de récoltes et les conséquences des températures extrêmes sur nos infrastructures montrent ce qui est en jeu. La lutte contre le changement climatique n’est donc ni un luxe ni un obstacle à notre force économique – elle en est la condition. Nous avons besoin d’un changement de cap, pas d’un nouveau pas vers la droite.

Dans le même temps, la Commission doit corriger sa politique de dérégulation. La simplification peut être utile : nous pouvons accélérer les procédures, supprimer les doublons et réduire les lourdeurs administratives inutiles. Mais il existe une différence fondamentale entre simplifier les procédures et affaiblir les règles. La protection de la santé, du climat, de l’environnement, des animaux et des droits sociaux ne doit pas devenir une variable d’ajustement. Les nombreuses propositions « omnibus », notamment dans les domaines de l’alimentation et de l’agriculture, vont précisément trop loin à cet égard. La dérégulation ne peut pas non plus être un objectif en soi pour l’économie : les entreprises ont besoin de règles claires et stables pour pouvoir investir à long terme. Une Union européenne forte n’est pas une Union avec le moins de règles possible, mais une Union dotée de règles claires, efficaces et effectivement appliquées.

Si nous voulons rendre l’Europe capable de relever les défis de demain, nous devons investir maintenant : dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, les transports publics, la rénovation des bâtiments et l’adaptation aux conséquences du changement climatique. Je ne peux pas soutenir une politique qui affaiblit les normes environnementales ou sociales ou qui cherche des majorités avec l’extrême droite. L’Europe doit maintenant montrer qu’elle est capable de façonner elle-même son avenir – de manière socialement juste, écologiquement durable et démocratique. Nous ne devons pas courir derrière ceux qui veulent affaiblir l’Europe. Nous devons leur opposer une autre vision de l’Europe : une Europe qui reste unie et qui redonne confiance en l’avenir. »

 

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