Ce mercredi 17 juin 2026, le Parlement européen votera sur le résultat des négociations en trilogue concernant le nouveau règlement sur le retour. Après qu’une majorité des membres de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) a déjà donné son feu vert lundi, il est largement attendu qu’une majorité similaire se dégage lors du vote en séance plénière aujourd’hui.
Le règlement sur le retour proposé introduit des durcissements considérables du système européen de retour : il mise davantage sur les expulsions que sur le retour volontaire, prolonge les durées de rétention et permet les expulsions vers des pays tiers par le biais de prétendus « centres de retour » (Return Hubs). Parallèlement, il accorde aux États membres une marge de manœuvre nettement plus importante, notamment en matière de détention ou d’évaluation des risques pour la sécurité, compromettant ainsi l’objectif de règles uniformes à l’échelle de l’Union européenne. Ce règlement conduirait à des placements en rétention et à des expulsions de grande ampleur et arbitraires, y compris vers des camps situés hors de l’UE où les droits des personnes concernées ne peuvent être garantis.
Tilly Metz et son groupe des Verts/ALE rejettent fermement ce règlement. Elle déclare :
« L’accord conclu entre le Conseil et une majorité du Parlement européen soutenue par les conservateurs et l’extrême droite est honteux. Ce règlement, qui s’appuie sur des idées de l’extrême droite et qui doit être adopté avec son soutien, mérite davantage le nom de “règlement sur les expulsions”
Il ouvre la voie à des centres de retour situés en dehors de l’Union européenne, permet des placements en rétention à grande échelle – y compris de mineurs – et légitime des pratiques qui rappellent celles de l’agence américaine de l’immigration, l’ICE. Des êtres humains sont déshumanisés et privés de leurs droits et de leur dignité, alors même qu’ils n’ont commis aucune infraction.
La coopération structurelle entre le groupe PPE, auquel appartient la CSV, et l’extrême droite pour faire avancer des politiques migratoires populistes et moralement faillies est particulièrement préoccupante. Les mesures proposées ne reposent sur aucune preuve et n’arrêteront pas la migration. Elles servent uniquement à attiser la peur et à éroder les valeurs fondamentales européennes.
Cette évolution est particulièrement honteuse pour le Luxembourg. Notre pays vit de son ouverture et dépend fortement de la main-d’œuvre étrangère. Il est d’autant plus regrettable que le gouvernement luxembourgeois au sein du Conseil et les députées de la CSV au sein du PPE n’aient pas pris une position plus claire contre un règlement qui prive des personnes de leurs droits et fait primer la dissuasion sur les droits fondamentaux.
Pour notre part, nous, les Verts au Parlement européen et au Luxembourg, continuerons à nous engager avec la plus grande détermination en faveur d’une politique migratoire européenne humaine, rationnelle et fondée sur des données probantes. »