Accord UE–États-Unis adopté : pas de « business as usual » avec Trump


Ce jeudi 26 mars, une majorité du Parlement européen a adopté le rapport sur l’accord UE–États-Unis, qui régit les relations commerciales avec les États-Unis sur la base de l’accord de Turnberry de juillet 2025. Le rapport prévoit certes des mesures visant à protéger l’UE et à renforcer sa position de négociation, mais pour des raisons géopolitiques et de contenu, Mme Metz, membre du groupe des Verts/ALE, n’a pas pu soutenir le texte :

L’accord légitimerait en pratique les droits de douane illégaux des États-Unis – notamment les 50 % sur l’acier et l’aluminium – et ferait perdre à l’UE des instruments essentiels pour faire face à la pression américaine. De plus, le Parlement européen n’a pas pu voter sur des éléments risqués comme les importations de GNL, ce qui favoriserait une dépendance à l’énergie fossile américaine. Pour Mme Metz, il est essentiel que toute concession douanière soit conditionnée au respect par les États-Unis de leurs engagements. Des clauses « sunrise », des mécanismes de suspension et des mesures de protection sont nécessaires pour protéger l’UE. Compte tenu de la situation juridique fragile aux États-Unis et de l’absence de garanties formelles, elle considère que des concessions sans conditions seraient trop risquées pour l’UE. Elle commente :

« Dans le contexte politique actuel, il m’est impensable de faire une faveur à Trump en approuvant l’accord entre l’UE et les États-Unis. Les droits de douane imposés par Trump sont illégaux – et cet accord est politiquement la mauvaise voie à suivre.

Au lieu de renforcer la position européenne, la Commission et les États membres ont cédé trop de leviers et poursuivent une approche dangereuse de “business as usual” vis-à-vis de Trump. Dans ces conditions, l’UE ne peut pas défendre efficacement ses procédures démocratiques ni la protection du climat à l’échelle mondiale.

L’Europe ne doit pas se perdre dans une illusion de normalité vis-à-vis des États-Unis, alors que nos stratégies, nos droits et notre environnement sont en jeu. Les relations transatlantiques ne reviendront pas simplement à la normale sous la direction de Trump ; l’Europe doit donc faire preuve de fermeté : pour nos lois, pour notre démocratie.

Il s’agit désormais de rester capable d’agir, de défendre la protection du climat, de réduire les dépendances stratégiques et de construire une véritable souveraineté européenne.

Nous avons besoin d’une Europe qui défend résolument ses valeurs, sa législation et la protection du climat – et qui ne fonctionne pas selon le principe du “business as usual” avec Trump. »

 

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Tilly Metz »